Cheikh Anta DIOP : le vécu et l’héritage d’un savant africain

Cheikh Anta DIOP était un anthropologue, historien et homme politique sénégalais qui a su laisser une empreinte aux africains et qui les exhorte à s’armer de science jusqu’aux dents pour arracher des mains des usurpateurs, leur patrimoine culturel. Vue la grandeur de cet homme et l’héritage qu’il nous a légué, il est indéniable que pour que l’Afrique sorte de cette léthargie, de telle(s) personne(s) doivent être prises comme exemples pour les générations à venir. Il apparaît qu’un peuple ignorant son histoire est condamné à la revivre. En vue de pallier à cette ignorance, cette tribune est dédiée à ce savant noir pour partager son vécu, l’héritage riche qu’il nous a laissé et ses œuvres. Comme le disait Yasmina Khadra : « Aucune nation ne peut vivre sans mythe et aucune jeunesse ne peut survivre sans idoles. »

Vécu : origine et devenir

Cheikh Anta DIOP, considéré comme l’un des grands savants africains du 20ème siècle, est né un 29 Décembre 1923 à Thieytou, une localité du centre-ouest du Sénégal, située dans la région de Diourbel. Son père Massamba Sassoum DIOP décède peu de temps après sa naissance tandis que sa mère, Magatte DIOP, vécut jusqu’en 1984. Son grand-père paternel Massamba DIOP était le fondateur et chef du village de Thieytou. Il a donc vu le jour dans une famille aristocratique wolof sénégalaise, ancrée dans la religion musulmane. L’homme surnommé le pharaon noir se maria avec Louise Marie Maes, en 1953, à Paris. De cette union, quatre fils naitront, qui se sont d’ailleurs spécialisés dans des disciplines scientifiques. Il meurt le 7 février 1986 et fut enterré à Thieytou, son village natal.

Etudes : à la quête du savoir

Au Sénégal :

Cheikh Anta DIOP arpenta le chemin de la quête du savoir à l’âge de quatre-cinq ans, à l’école coranique. Il intègre par la suite une école française qui s’appelait autrefois, l’école régionale de Diourbel et y obtient son certificat d’études primaire en 1937.  En 1938, Il fut obligé de migrer vers Dakar avec sa mère, pour entrer au lycée. Il faut noter qu’à cette époque, le Sénégal était toujours sous le joug français et que les cours étaient pour la plupart dispensés par des professeurs français. Cheikh Anta DIOP a dû subir le racisme dans son propre pays, ce qui l’a poussé à finir ses études secondaires à Saint-Louis, où il obtient la première partie de son brevet de capacité coloniale correspondant au baccalauréat.

En 1945, il obtint la seconde partie dans les domaines des mathématiques et de la philosophie, à Dakar. Ces brevets dans ces différents domaines montrent d’emblée son profil pluridisciplinaire. Elève au lycée, il avait en perspectives de traduire des textes scientifiques, oraux ou sur l’histoire du Sénégal, en wolof, sa langue maternelle. En tant qu’élève, il élabore un alphabet pour retranscrire le wolof et envisage de le faire pour toutes les langues africaines. A ce stade-là, il n’était qu’une chrysalide mais qui avait conscience de l’importance des langues, des cultures, de l’histoire du continent africain pour définir l’identité noire, la civilisation africaine et déboucher vers la renaissance africaine.

En France :

Cheikh Anta DIOP foule le sol français en 1946, dans le cadre de ces études universitaires pour devenir un ingénieur en aéronautique. Il entama une classe préparatoire de mathématiques au lycée Henri-IV et une licence de philosophie, à la faculté des lettres de la Sorbonne, à Paris, où il suit particulièrement les enseignements de Gaston Bachelard. En cette même année, il initia la création de l’Association des Etudiants Africains de Paris, qui fut présidé par Cheikh FALL (Ingénieur Supelec, 1er PDG de Air Afrique (1961-1973), (1923-2006)). Amadou Mahtar MBOW (Ministre de l’Education (1966-1968), Ministre de la culture (1968-1970), Directeur Général de l’Unesco (1974-1987), 97 ans)) pris le relais quelques années plus tard.  L’année suivante, Cheikh Anta DIOP poursuit en parallèle ses études, ses recherches linguistiques sur deux langues sénégalaises : le wolof et le sérère et entre en contact avec le découvreur des fresques du Tassili, Henri Lhote. Ceci reflète sa motivation à émanciper l’Afrique via la quête du savoir. Il obtint sa licence en philosophie, en 1948 et s’inscrit en faculté des sciences. Sa première étude linguistique intitulée « Etude linguistique ouolove-Origine de la langue et de la race valaf », dans la revue présence Africaine. Cette dernière fut créée en 1947 par Alioune DIOP, fondateur de la maison d’édition Présence Africaine et de la Société Africaine de Culture (SAC). Il publia par la suite, un article intitulé « Quand pourra-t-on parler d’une renaissance africaine ? » dans un numéro spécial de la revue « Le Musée vivant ». Cet article parle de l’utilisation et du développement des langues africaines, où Cheikh Anta DIOP propose d’élaborer pour la première fois, des humanités africaines à partir de l’Egypte ancienne. En 1949, il entame ses travaux de thèse sur des thèmes à caractères pluridisciplinaire et dérangeante pour la communauté scientifique occidentale. En effet, ses travaux portent sur « l’avenir culturel de la pensée africaine » et « Qu’étaient les Egyptiens prédynastiques », qui mettrait donc en cause les travaux de ses collègues scientifiques occidentaux qui eux, soutiennent la thèse selon laquelle l’Egypte ancienne n’est pas noire et que L’Afrique n’a ni civilisation, ni histoire. Il a pu obtenir des certificats en chimie générale et chimie appliquée, en 1950, qui lui permettront de vérifier ses précédentes études, par la science.

Soucieux du sort de l’Afrique, Il intègre le RDA (Rassemblement Démocratique Africain) alors dirigé par Félix Houphouët-Boigny, dans l’optique de participer à la libération du continent africain.

Il retourne au Sénégal durant la période d’hivernage de 1950, où il dispense plusieurs conférences à Dakar et à Saint-Louis, notamment sur « Un enseignement est-il possible en Afrique dans la langue maternelle », « Nécessité et possibilité d’un enseignement dans la langue maternelle en Afrique » et « les fondements culturels d’une civilisation africaine moderne ». Durant son séjour, il proposa aux autorités de l’Afrique Occidentale Française (AOF), un plan de reboisement du pays en vue de lutter contre la sécheresse.

Ce n’est qu’en 1951, que son sujet de thèse secondaire a pu être inscrit dans les registres de la faculté et supervisé par le professeur Marcel Griaule.  

Cette même année, il occupe le poste de secrétaire général de l’AERDA (Association des Etudiants du RDA) à Paris, qu’il quitta en 1953. Il donne plusieurs conférences à Paris, notamment sur :

– « l’origine du wolof et du peuple qui parle cette langue », aux Musées de l’Homme, organisée par la société des Africanistes ;

– « Les fondements culturels d’une civilisation africaine moderne », organisée par l’Association des Etudiants Africains de Paris ;

– « Objectifs d’une politique africaine efficiente », organisée par cette même association.

Du 4 au 8 juillet 1951, le premier congrès panafricain politique d’étudiants d’après-guerre, est organisé par Cheikh Anta DIOP, dont l’association des étudiants africains d’Angleterre, WASU (West African Student Union),
participe.

Dans son article intitulé « Vers une idéologie politique africaine », publié dans la « Voix de l’Afrique noire » de l’AERDA, Cheikh Anta DIOP met au grand jour pour la première fois, face à la communauté africaine francophone, les principes de l’indépendance nationale et de la constitution d’une fédération d’Etats démocratiques africains. L’année suivante, il y publie un autre article au signe de « La lutte en Afrique noire », pour refléter une partie de notre culture.

Avec ces sujets dérangeants, il n’a pas pu réunir un jury de thèse, en vue de l’obtention du doctorat d’Etat ès Lettres, mais s’est résolu à compiler ses travaux sous la forme d’un livre révolutionnaire intitulé Nations nègres et Culture, publié en 1954 par la maison d’édition Présence Africaine. D’ailleurs Aimé Césaire en dit de ce livre qu’il est « le plus audacieux qu’un Nègre ait jusqu’ici écrit et qui comptera à n’en pas douter dans le réveil de l’Afrique » (Discours sur le colonialisme, Paris, Présence Africaine, 1955).

En 1956, Cheikh Anta DIOP se réinscrit en thèse d’Etat dont le sujet porte sur « Les domaines du matriarcat et du patriarcat dans l’antiquité ». Il commence à dispenser des cours de physique et de chimie, comme maitre-auxiliaire, aux lycées Voltaire et Claude Bernard, à Paris. Il publia, en 1960, dans la revue « Présence Africaine » de l’article Alerte sous les tropiques, un texte axé sur les fondements culturels, techniques et industriels d’un futur Etat fédéral d’Afrique noire. Ce texte montre ainsi son envie de voir une Afrique soudée, réunie en un Etat fédéral souverain et qui se prépare pour son développement.

Ce n’est qu’en 1957 que son sujet de thèse complémentaire, portant sur « Etude comparée des systèmes politiques et sociaux de l’Europe et de l’Afrique, de l’Antiquité à la formation des Etats modernes », a pu être inscrit dans le registre de la faculté.

Dans l’esprit d’approfondir ses connaissances mais également de pouvoir fournir des preuves scientifiques de ses études théoriques, Il s’est spécialisé également en physique nucléaire au laboratoire de chimie nucléaire du collège de France, dirigé par Frédéric Julio Curie, puis à l’Institut Pierre et Marie Curie.

Cheikh Anta DIOP soutint sa thèse de doctorat d’Etat en lettres supervisé par André Leroi-Gourhan, le 09 janvier 1960. Suite à cette soutenance, présidée par le professeur André Aymard, une mention honorable lui a été attribuée. Un reportage ainsi qu’un article, réalisés respectivement par Doudou Cissé de la Radiodiffusion d’Outre-Mer et Présence Africaine, ont été dédiés à cette soutenance, pour permettre à certains compatriotes noirs de suivre les exploits de Cheikh Anta DIOP.

La première édition de son livre intitulé les fondements culturels techniques et industriels d’un futur Etat fédéral d’Afrique noire apparut cette même année.

Il annonça à la fin de sa soutenance, son retour définitif au Sénégal, dans le but de contribuer efficacement à l’impulsion de la recherche scientifique dans le domaine des sciences humaines et celui des sciences exactes. Il exhorta l’Afrique noire à se nourrir de ses recherches à l’échelle continentale.

Héritage : enseignements, apports scientifiques, culturels et politiques

Une fois de retour au pays natal, il fut nommé assistant à l’Université de Dakar pour travailler à l’IFAN (Institut Français d’Afrique Noire) qui était dirigé par Théodore Monod. Aucun enseignement ne lui a été confié. Une année après son installation, il entreprend de créer un laboratoire de datation par le Carbone 14 (radiocarbone) au sein de l’IFAN de Dakar, qui serait utile dans d’autres disciplines. Ce laboratoire dont il est nommé responsable, a pu être matérialisé qu’en 1963. D’ailleurs c’est l’unique laboratoire de Carbone 14 existant en Afrique noire, excepté celui de la Rhodésie du Sud (actuel Zimbabwe). La datation par le radiocarbone est une méthode de datation radiométrique basée sur la mesure de l’activité radiologique du carbone 14 contenu dans la matière organique dont l’âge absolu est à déterminer. Cet âge absolu fait référence au temps écoulé depuis la mort de l’organisme donné. Ainsi, en 1956, il était possible de mener ses expériences poussées qui apportent un progrès significatif en archéologie, à l’IFAN de Dakar. Les résultats des datations des échantillons archéologiques du Professeur Cheikh Anta DIOP, ont d’ailleurs été publiés dans le bulletin de l’IFAN et la revue internationale Radiocarbone, pour partager ses travaux avec la communauté scientifique.

Contexte socio-politique du Sénégal, de l’Afrique à cette époque :

Il est important de noter que certains pays africains, qui ont été colonisés, n’ont eu leur indépendance que vers 1960. Ainsi le Sénégal n’accède à sa souveraineté que le 04 Avril 1960. A cette époque Léopold Sedar Senghor (Président de la République du Sénégal, de 1960 à 1980) et Mamadou Dia (Président du conseil du Sénégal), étaient les hommes politiques sénégalais qui ont démarché la sortie du Sénégal de la colonisation. Ayant des idées révolutionnaires, prônant pour la renaissance africaine, Cheikh Anta DIOP était en désaccord avec Léopold Sedar Senghor. Cheikh Anta DIOP créa un parti politique appelé BMS (Bloc des Masses Sénégalaises) dont il est le secrétaire général, opposé à celui de Léopold Sedar Senghor. Ses activités politiques induisent son emprisonnement d’un mois (Juillet-Aout 1962) par Léopold Sedar Senghor, à la prison de Diourbel. Cette libération rapide s’explique par le fait qu’aucune charge ne lui a été imputée.

Un mois après sa libération de prison, il réalise sa première datation de l’homme d’Asselar à Gif-sur-Yvette, avec l’aide de Jean Le Run.

N’étant pas en phase avec le programme politique proposé par le régime au pouvoir, Cheikh Anta DIOP refuse des postes ministériels qui lui ont été proposés. Pour contrer ses aspirations politiques, Le BMS a été dissolu par le gouvernement sénégalais. Avec sa ténacité légendaire, Cheikh Anta DIOP créa aussitôt un autre parti politique qui subit le même sort que le premier.

  • Transmettre le savoir pour réveiller les consciences

Il a été récompensé en tant qu’écrivain qui a eu une influence assez importante sur la pensée nègre du XXe siècle et reçu le 1er prix Festival des Arts Nègres. Malgré toute cette reconnaissance, il demeure des récalcitrants au sein de la communauté des panafricanistes et africanistes comme Raymond Mauny et Jean Suret-Canale, qui critiquent son premier livre et expriment leur réserve à l’égard de la méthode de datation par le carbone 14. Ce climat hostile autour de ses dires et travaux, n’a point ébranlé ses convictions, son envie de mettre la lumière sur l’identité noire de l’Egypte ancienne. D’ailleurs, il a été sollicité par l’UNESCO pour faire partie du comité scientifique international pour la rédaction de l’Histoire générale de l’Afrique. Il initia la tenue d’un colloque international sur le peuplement de l’Egypte ancienne et sur le déchiffrement de l’écriture méroitique. Ce colloque qui s’est déroulé au Caire (Egypte) du 28 janvier au 3 février 1974, rassemblait les égyptologues du monde entier, pour débattre autour de l’origine africaine de l’Egypte ancienne, en se basant sur des faits concrets, des travaux scientifiques et linguistiques vérifiés. Les experts africains Cheikh Anta DIOP et Théophile Obenga ont été confrontés aux affirmations de leurs homologues occidentaux. Ces derniers soutenaient la thèse selon laquelle que même si l’Egypte était reliée à l’Afrique géographiquement et linguistiquement, il n’en demeure pas moins d’origine africaine. Nos experts africains ont démontré avec rigueurs lors de ce colloque, via leurs recherches scientifiques et linguistiques que la langue de l’Egypte ancienne est apparentés à certaines langues africaines comme le wolof, que les anciens égyptiens ont des ressemblances morphologiques et étaient noirs comme leurs cousins africains. Ainsi, face à des preuves concrètes, les experts occidentaux ont fermé les yeux sur des vérités qui ne leur étaient pas avantageuses.

Les interventions des Professeurs Cheikh Anta DIOP et Théophile Obenga ont permis la reconnaissance sur le plan international, du lien existant entre l’Egypte ancienne et l’Afrique noire. Il participa à plusieurs congrès et colloques, pour débattre sur la politique scientifique en Afrique de l’Ouest, les perspectives de la recherche scientifique en Afrique. The African Heritage Studies Association lui décerna en 1975, aux USA, une plaque commémorative pour sa contribution à la préservation et au développement du patrimoine africain.

  • Panafricaniste engagé pour le développement du Sénégal

En 1976, il créa un nouveau parti politique dénommé RND (Rassemblement National Démocratique) accompagné de l’organe de presse siggi renommé taxaw, pour relayer ses articles sur la politique intérieure sénégalaise et celle internationale, à propos du développement énergétique en Afrique. Pour dissoudre ce nouveau parti, le gouvernement de Léopold Sedar Senghor promulgue une loi rétroactive qui impose une étiquette socialiste, libérale et marxiste-léniniste aux partis politiques sénégalais. Le RND s’oppose à cet étiquetage. Ce qui entraine une bataille politico-judiciaire entre le RND et le gouvernement de Léopold Sedar Senghor. Et d’ailleurs, une pétition en faveur du multipartisme et donc du RND a été initiée mais sans suite. Cependant, avec l’avènement du départ du pouvoir de Léopold Sedar Senghor en 1980, son successeur Abdou DIOUF supprime cette loi anti-multipartisme. Ainsi le RND fut légalement reconnu et toutes les charges judiciaires menées à l’encontre de Cheikh Anta DIOP ont été levées.

  • Chercheur de principe et de rigueur : de la science à la reconnaissance du patrimoine africain

Cheikh Anta DIOP fut Président de l’Association des Chercheurs du Monde noir et une médaille d’or de la recherche scientifique africaine lui a été décernée par l’Université nationale du Zaïre.

Il fallait attendre 27 ans (1981) après l’apparition de Nations Nègres et Culture pour qu’on lui donne la possibilité d’enseigner à l’Université de Dakar, et qu’il soit nommé Professeur d’histoire associé à la Faculté des Lettres et Sciences Humaines. Ses étudiants en DEA, maitrise et doctorat ont pu bénéficier de son savoir jusqu’à sa disparition en 1986.

Sa nomination à l’Université de Dakar est favorisée par le fait que Léopold Sedar Senghor n’est plus au pouvoir et que le nouveau Président Abdou DIOUF a une grande admiration à l’égard de ce grand homme.

Un de ses œuvres intitulé Civilisation ou Barbarie-Anthropologie sans complaisance parut en 1981, aux éditions de Présence Africaine.

Le professeur Cheikh Anta DIOP a été encore sollicité par l’UNESCO, qui était dirigée à cet époque par Amadou Mahtar Mbow, pour rédiger une nouvelle histoire du développement scientifique et culturel de l’humanité. Il a également intervenu lors d’un colloque organisé par l’UNESCO sur le racisme à Athènes, pour parler sur l’unité d’origine de l’espèce humaine. Intervention qui a été d’ailleurs relatée dans le quotidien Le Monde.

Dans le souci de faire comprendre ses écrits par l’ensemble du corps universitaire, Cheikh Anta DIOP se livre à une séance de question/réponse à l’occasion du symposium organisé par les Editions Sankoré.

Avec son intégrité et son sens patriotique, Cheikh Anta DIOP refusa de siéger à l’assemblée nationale, à l’issu des élections législatives qui ne se sont pas déroulées avec respect, équité et dignité.

Jusqu’à sa mort le 07 Février 1986, Cheikh Anta DIOP a participé à des colloques, des congrès et conférences, un peu partout dans le monde, pour partager ses pensées sur les apports scientifiques et culturels de l’Afrique à l’humanité, sur la science et la religion, sur l’importance de l’ancienne Egypte pour les civilisations africaines. D’ailleurs, il donne sa dernière conférence le 8 janvier 1986, lors du colloque sur l’Archéologie camerounaise, qu’il présidait. Sa contribution portait sur la Nubie, l’Egypte et l’Afrique Noire.

Comme indiqué plus haut, le professeur Cheikh Anta DIOP, décède le 7 février 1986 à son domicile, situé à Fann (près de l’Université de Dakar). En hommage à cet anthropologue, historien, scientifique sénégalais, l’Université de Dakar porte aujourd’hui son nom. Note de l’auteure

Toute sa vie durant, il n’a pas cessé d’œuvrer pour l’Afrique, et nous a laissé un héritage riche en enseignement tant sur sa personne que sur son apport scientifique, socio-politique. Dans le souci de laisser des traces de ses travaux, il était sur le point d’achever son dernier livre, qui sera publié après sa mort, par les éditions Présence Africaine et nommé « Nouvelles recherches sur l’égyptien ancien et les langues négro-africaines modernes ».
Ainsi s’achève une vie sur terre qui a été riche, jalonné d’épreuves mais qu’il a pu surmonter grâce à son envie de voir l’Afrique s’émanciper, souveraine.

Notes de la rédactrice

A mon humble avis, il nous a laissé des livres, des articles, des conférences qui nous guideront pour finir ce qu’il a commencé. Un dernier message qui fait échos telle une vision, qu’un jour il ne serait pas là mais au moins il nous croit si intelligent et nous exhorte à nous armer de sciences jusqu’aux dents pour arracher notre patrimoine des mains des usurpateurs, et même si c’est pour le contredire.

Sur ce, voici le vécu, l’héritage d’un papillon noir qui est un modèle de réussite incontestable, un amoureux d’Afrique et des africains, qui je l’espère vous servira de modèle et vous motivera davantage à faire de votre mieux pour atteindre vos objectifs peu importe les difficultés, les détracteurs et votre niveau d’avancement.

A très vite chers papillons pour de nouvelles histoires, les unes plus impressionnantes que les autres.

A vous de choisir le prochain paillon qui fera l’objet d’un article.

Sources :

A propos de Cheikh Anta DIOP, article de Momar Sokhna DIOP

Nations négres et Culture, 1954, Editions Présence Africaine, Cheikh Anta DIOP

L’Egypte pharaonique : une civilisation négro-africaine, de Sabas Makeda Makanda

ANKH : Egyptologie et Civilisations Africaines

Discours sur le colonialisme, Paris, Présence Africaine, 1955 de Aimé Césaire

Sites internet :

http://www.cheikhantadiop.net/

https://www.universalis.fr/encyclopedie/cheikh-anta-diop/

http://www.rfi.fr/hebdo/20160205-cheikh-anta-diop-egyptiens-negres-souleymane-diagne- philosophie-histoire

https://en.wikipedia.org/wiki/West_African_Students%27_Union

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